France - le 3 de juin 2025
A propos du discours de Myriam Bregman du PTS et d'autres porte-parole de la FT, lors d'un meeting de Révolution Permanente à Paris :
La catastrophe pour les masses et les peuples opprimés... EST DÉJÀ ICI !!!!
La Commune de Paris et le Mai 68 :
Un rêve lointain ou une tâche urgente ?
Le 24-5, Révolution Permanente (RP), le groupe frère du PTS en France dans le cadre de son courant international, a réalisé un meeting qu’il a prétendument appelé "Meeting révolutionnaire et internationaliste". Plusieurs porte-parole du groupe de France et d’autres pays y sont intervenus, ainsi que Myriam Bregman d’Argentine, qui a été présentée comme l’avocate qui a fait condamner les militaires tortionnaires de la dictature et comme l’auteur du livre "la Zurda". Se présenter comme la leader de la défense des Droits de l’Homme qui aurait combattu en Argentine contre la dictature militaire est d’une arrogance atroce. La condamnation de la junte militaire en Argentine est un acquis de la lutte révolutionnaire des masses. La justice bourgeoise a dû livrer leurs têtes pour que l’on n’avance pas sur l’ensemble de la caste militaire. Nier cela est changer l’histoire des combats livrés par la classe ouvrière argentine, dans les années les plus obscures de son histoire.
Dans son discours, Bregman a revendiqué la Commune de Paris, le Mai 68 et même la nécessité de reprendre les drapeaux de la IV Internationale. Des sujets dont elle parle peu en Argentine, puisqu’elle s’y consacre à dire aux travailleurs qu’en votant pour des députés ou des législateurs de gauche, ils obtiendront de meilleures conditions de vie. Ou que l’on peut freiner l’offensive du FMI et de l’impérialisme en étant nombreux dans la rue pour faire pression sur le parlement bourgeois, politique qui s’est, par ailleurs, révélée plus qu’impuissante. Car la bourgeoisie ne donne quelque chose que lorsqu’elle voit sa propriété menacée, quand elle est terrifiée de l’idée que la classe ouvrière et les masses exploitées lui arrachent toutes ses richesses, ce qui ne peut se faire qu’avec une lutte décisive pour mettre à genoux la bourgeoisie et frapper fermement le FMI comme en 2001.
En France, ils s’habillent en internationalisme et en Commune de Paris, mais n’appellent pas à vaincre le régime de la V République. Ils disent à leur auditoire qu’en étant nombreux dans les rues et en s’organisant avec RP, on pourrait faire reculer Macron et la bourgeoisie impérialiste qui déverse une offensive brutale sur la classe ouvrière. Comme l’a dit Anasse Kazib, la figure centrale de RP, dans son intervention : "Si nous sommes nombreux, nous pouvons nous coordonner et ainsi la bourgeoisie commencera à trembler." ! Comme si la bourgeoisie impérialiste française, embarquée dans une course militariste qu’elle fera peser sur les épaules des exploités, allait trembler sous la pression dans les rues !
Kazib lui-même a évoqué le danger de la situation à partir de la terrible crise du capitalisme, où les puissances prétendent garder une portion du gâteau et qu’elles se disputeront même des armes à la main. Il a également affirmé que "le fascisme n’a pas encore triomphé" et qu’il est possible de l’arrêter. Mais comment ? Selon la dirigeante de la jeunesse (Le poing levé) qui a parlé au meeting, avec des blocs dans "comité d’action à l’université". Cette politique pacifiste n’arrêtera pas le fascisme qui défile aujourd’hui dans les rues de Paris (comme le Comité 9 Mai) et attaque les étudiants en les envoyant à l’hôpital. Des étudiants séparés du mouvement ouvrier, avec des mobilisations de pression, c’est laisser les masses sans défense. Le fascisme doit être écrasé avant qu’il ait fini de se redresser. Pour cela il faut s’armer, que les étudiants aillent chercher les ouvriers dans les usines, comme en Mai 68, et mettent sur pied ensemble les comités d’autodéfense, les piquets par usine et établissement.
Ils parlent du Mai français, sans dire que la leçon centrale de ces journées-là est que la classe ouvrière, celle qui fait bouger l’économie, est la seule classe qui peut frapper au cœur du capitalisme, c’est pourquoi en 68 les étudiants sont allés la chercher pour unifier leur lutte. D’autre part, on ne peut parler au nom du Mai 68 sans dénoncer que ce grand exploit révolutionnaire a été trahi par le Parti Communiste Français qui détourna le combat en soutenant le processus électoral proposé par la bourgeoisie française. Il a ainsi sauvé le régime et le gouvernement de De Gaulle, qui, "par hasard", ne se trouvait pas en France à cette époque-là, de peur de tomber aux mains des masses révolutionnaires. Ce même PCF est celui qui dirige aujourd’hui la CGT et a trahi une et mille luttes de la classe ouvrière française et qu’il faut affronter et vaincre pour pouvoir ouvrir la voie à un nouveau mai 68.
Le programme pour mettre fin au génocide et libérer la Palestine divise les eaux
Comme la plupart des orateurs du meeting, M. Bregman a dénoncé le génocide perpétré par l’État d’Israël et s’est solidarisé avec Kazib et tous ceux qui sont persécutés pour avoir soulevé la cause du peuple palestinien. Mais la solidarité en général ne suffit plus à arrêter le nettoyage ethnique qui dure depuis près de deux ans et laisse des terres en ruine. Il n’y a pas une minute à perdre. Il faut appeler la classe ouvrière à bloquer les ports, avec une grève générale qui paralyse toute l’Europe.
Et pour cela il faut combattre les directions staliniennes de la plupart des centrales syndicales d’Europe. Dans les assemblées, dans chaque usine et établissement, il faut ramasser le salaire d’une journée par travailleur pour envoyer des fonds à la résistance palestinienne et promouvoir dans les syndicats de brigades internationales pour aller combattre et expulser le sionisme de la Palestine occupée. Mais ce n’est pas le programme de la FT, parce que cela implique de se battre pour la destruction de l’état d’Israël. Peut-être est-il temps de cesser de cacher qu’elle a abandonné cette prémisse du programme révolutionnaire et de dire ouvertement qu’elle a adopté la position, que toute la gauche réformiste mondiale soulève à côté du stalinisme, de soutenir l’existence des deux états.
Cela revient à soutenir l’occupation d’un état qui n’existait pas avant la Seconde Guerre mondiale et la création d’un état fictif, soutenu par le stalinisme à Yalta, comme enclave de l’impérialisme américain pour être le gardien contre les masses au Moyen-Orient. C’est ce qui explique que Bregman elle-même, dans le débat présidentiel de l’Argentine en 2023, auquel participait Milei, ami de Netanyahu, ait "déploré les victimes civiles" du 7 octobre. Alors que ces « civils » sont les colons occupants et usurpateurs des terres palestiniennes qui, fusil à la main, assassinent sans pitié le peuple palestinien.
L'internationalisme et la révolution, un écran de fumée pour cacher leur réformisme
C’est que même s’ils répètent jusqu’à la fatigue que leur meeting était "internationaliste et révolutionnaire" et citent Trotski, ils appellent à construire un parti parlementaire, au sein du régime, car ils affirment que les cavernes de brigands des parlements bourgeois peuvent adopter des lois en faveur des travailleurs et que les conditions de vie des exploités peuvent s’améliorer dans ce système putréfié. C’est pourquoi, pour vaincre l’offensive impérialiste, ils appellent à... une campagne internationale contre le FMI. Déconcertant, ils diront aux travailleurs du monde qu’en signant une pétition on peut vaincre la bourgeoisie et l’impérialisme. C’est une question de vie ou de mort pour la classe ouvrière d’organiser une lutte décisive, exproprier les capitalistes et, à la tête des exploités, renverser ce système putréfié.
C’est pourquoi ils n’appellent pas à préparer la révolution et ne disent pas aux centaines de jeunes et de travailleurs, qui ont suivi leur meeting, qu’il faut détruire l’Etat bourgeois capitaliste. Ils présentent le socialisme comme un rêve d’or que nous conquerrons dans un avenir. Bregman a remercié de pouvoir participer à cet acte à Paris qui "fait rêver l’unité ouvrière et étudiante du mai français, qui fait rêver la commune de Paris de la France révolutionnaire" et qui même "permet de rêver que nous pouvons nous unir dans une lutte internationaliste et hisser haut les drapeaux de la IV Internationale" ... Ils veulent que les travailleurs croient que nous pouvons conquérir nos droits ou défendre nos conquêtes en faisant pression sur les régimes bourgeois et leurs parlements. Plus qu’un rêve, c’est une véritable utopie.
La FT et son courant renient ce que Trotski a conseillé aux travailleurs français, dans "Où va la France ?" : « En expliquant chaque jour aux masses que le capitalisme bourgeois pourrissant ne laisse pas de place non seulement pour l'amélioration de leur situation, mais même pour le maintien du niveau de misère habituel, en posant ouvertement devant les masses la tâche de la révolution socialiste comme la tâche immédiate de nos jours, en mobilisant les ouvriers pour la prise du pouvoir, en défendant les organisations ouvrières au moyen de la milice, les socialistes ne perdent pas, en même temps, une seule occasion pour arracher, chemin faisant, à l'ennemi telle ou telle concession partielle, ou, au moins, pour l'empêcher d'abaisser encore plus le niveau de vie des ouvriers. »
La réalité, c’est : soit la classe ouvrière prend le pouvoir et détruit la bourgeoisie soit celle-ci finira d’imposer le fascisme, la guerre, la mort et des privations encore plus grandes à la classe ouvrière comme nous le voyons déjà en Palestine. Et voilà une tâche urgente pour aujourd’hui, pas pour un avenir lointain.
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M. Bregman au meeting de Révolution Permanente le 24-5
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Défilé d'un groupe fasciste à Paris le 10-5
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Marche de soutien à la Palestine à Paris le 28-05
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