9e anniversaire de l'assassinat d'Abu al Baraa Syrie
- Le 1er novembre 2025
Abu Muad, du Comité Rédacteur du Journal « La Vérité des Opprimés » de Syrie
"Abu Al Baraa et son père Mustafa, les fondateurs du trotskisme en Syrie, qui ont donné leur vie pour la révolution internationale, ils ont fait partie des plus de 600.000 massacrés dans la révolution syrienne"
Tout d’abord, je veux lui donner l’importance que mérite le fait que le camarade Abu Al Baraa devrait être ici. Abu Al Baraa avait notre âge et même si nous avons grandi et sommes nés dans des endroits éloignés, nous nous sommes rencontrés dans un processus objectif qui a été ce soulèvement syrien, cette chaîne d’insurrections locales en Syrie. Nous avons fait partie de ce processus. Nous sommes là.
Entre bavardages et bavrdages, maté et maté (dans cette zone on boit du maté), en partageant misères et faim, sur un front de bataille imposé par le régime bachariste, nous nous rendions compte que d’un côté comme de l’autre de l’océan, ceux qui nous gouvernent sont tous les mêmes. Puis, peu à peu, nous nous sommes rendu compte que nous avions le même ennemi.
On convient de souligner qu’Abu Al Baraa a été un stratège à cet égard, car il était tout à fait clair que, bien qu’il soit sur le front en Syrie, son combat dépassait ces frontières. Il était clair que c’était une chaîne de révolutions qui tendait à s’unifier avec les soulèvements en Europe. C’était une chaîne de révolutions qui se terminait à Jérusalem avec le drapeau palestinien hissé et sous les bannières de la IVe Internationale, le parti mondial pour triompher dans ces luttes internationales. C’est pour cela que Mahmoud Abu Al Baraa et Mustafa Abu Jumaa sont tombés à Alep.
Mais c’est la fin de l’histoire. Il faut la raconter en entier et c’est pour cela que nous sommes ici. Les forces de la bourgeoisie chiite sont entrées en premier pour massacrer la révolution syrienne. Mais il y avait une faction qui a trahi avant, c’était le stalinisme kurde. Le PKK, les YPG ont également été le porte-drapeau de la gauche internationale en disant qu’ils étaient la révolution en Syrie, quand ils étaient leur cinquième colonne et ils n’ont pas hésité deux minutes à se soumettre à l’impérialisme américain. Alors, la gauche a été obligatoirement impliquée dans le massacre qui s’est perpétué en Syrie. Nous étions là-dedans et nous avons vu comment on nous calomniait. Ils nous laissaient seuls. Seulement notre cause flamboyait sur les drapeaux de la IVème.
Nous n’oublions pas qu’avec une poignée de camarades dirigés par Abu Al Baraa et Mustafa, ont occupé des usines. Avec le programme du trotskisme international, avec une poignée de camarades convaincant les ouvriers... aux centaines de milliers d’ouvriers qui menaient la révolution et défendaient à tout prix leur famille et leurs emplois, ils ont exproprié des usines sous contrôle ouvrier, des casernes pour les milices ouvrières auto-organisées, ils ont fait irruption dans les quartiers résidentiels où vivait la bourgeoisie pro Bachar et pro ESL pour exproprier et mettre toutes les richesses pour gagner la guerre. Ce ne sont pas des épopées, mais des objectifs concrets que se sont fixés les révolutionnaires de Syrie et qu’ils ont combattus pour conquérir.
Une révolution ensanglantée, souillée, livrée non seulement par la gauche, mais aussi par les bourgeoisies "amies", qui ont su être la cinquième colonne comme l'Armée syrienne libre. Une révolution livrée de l'intérieur. L'une des plus grandes trahisons qui a eu lieu en début de siècle, parce qu'elle s'est fini dans le panorama que nous voyons aujourd'hui dans la Palestine massacrée.
600.000 personnes qui dépassent numériquement le nombre de massacrés en Palestine sont celles les vies que l'impérialisme a fauchées en Syrie. Ce sont des voix silencieuses. Et parmi ces 600000, figurent Mahmoud Abu Al Baraa et son père Mustafa, les fondateurs du trotskisme international en Syrie, qui ont donné leur vie pour la révolution internationale. Ceux qui n’ont pas hésité une seconde à quitter leur famille pour aller raconter à la planète ce qui se passait en Syrie et comment se réarmer politiquement et stratégiquement pour pouvoir gagner.
Ils ont fait partie des embryons de double pouvoir qui ont donné naissance à cette révolution en 2011. Ce sont eux qui ont mené les comités de coordination et leur vie était en danger à cause de cela. Eh bien, parce qu’ils croyaient et avaient confiance que c’était la façon de prendre le pouvoir en Syrie.
La classe ouvrière se soulevait et la gauche mondiale la dissipait. Les combattants les faisaient passer pour des terroristes et étaient calomniés par les "bolivariens" au niveau mondial. Ces gens soutenaient Poutine en disant qu’ils luttaient contre le terrorisme et que c’était ce qui se passait à l’intérieur de la Syrie. Ils ont soutenu ceux qui ont massacré les travailleurs syriens et leur révolution.
Aujourd’hui, nous rendons hommage, avec tous ceux qui sont morts en Syrie et en Palestine, à deux camarades qui incarnent la lutte que mènent aujourd’hui les masses palestiniennes. Les camarades qui sont encore en vie dans les journées de lutte qui se déroulent au Pérou. Ce sont deux camarades dont l’héritage est en vigueur dans la lutte énorme avec la grève générale que le peuple italien a donné pour les masses palestiniennes. Je crois qu’aujourd’hui plus que notre respect mérite aussi un applaudissement et les rappeler comme ce qu’ils étaient, stratèges qui ont donné leur vie pour la Quatrième International. |